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Paroisse Protestante D’Algolsheim,  Neuf-Brisach, Wolfgantzen  et environs Accueil Réflexion


 Message 30 mars 2018                                                                           Jean 18, 1-11

Lecture de Jean 18,1-11

    Gethsémani, au bas du Mont des Oliviers, face à Jérusalem, Gethsémani… lieu habituel, un jardin d’oliviers,  où Jésus aime à se rendre seul ou avec ses amis, ses disciples, ses proches.

   Mais, ce jour-là, une foule en mouvement, composée de soldats romains, de gardes, mandatés par les chefs religieux et les pharisiens. Une foule qui s’avance, en direction de Jésus et guidée par...Judas.  Voici, frères et sœurs, le pouvoir religieux et le pouvoir politique, l’occupant romain, oui, deux pouvoirs qui s’unissent pour s’emparer  d’un seul homme, un seul homme !  Par le nombre, ils entendent dissuader quiconque de s’interposer dans le cadre de  cette arrestation, car il s’agit bien de cela, arrêter cet homme de Nazareth. L’arrêter par les armes, les lanternes et les torches voulant empêcher, par là-même, toute résistance et toute fuite à la faveur de la  nuit.

   Jésus, lui, au fil de ces dernières années, durant le temps de sa prédication, Jésus  n’a jamais fuit  et là ne fuit-il pas, non plus. Il sait, en effet, ce qui l’attend, souvenez-vous, chers lecteurs de la Bible,  il l’a même annoncé…Cependant l’arrestation ne se déroulera pas comme prévu. Vous avez entendu,  lors de la lecture de cet épisode, l’évangéliste Jean nous dire d’abord que c’est Jésus lui-même qui s’avance vers les soldats, que c’est lui-même qui engage la discussion lors de leur arrivée martiale : «  Qui cherchez-vous ? »   

   Il ouvre, en quelque sorte, les hostilités et après qu’ils aient répondu : «  Jésus de Nazareth », Jésus prononce cette parole forte, profonde, s’il en est, pour nous ce matin : «  Moi, je suis… »,  dans sa


langue, l’hébreu : «  ani mi shani… »  Ou  Yhwh…  ou « Je suis » autrement une réponse  très directement reliée et en référence au nom de Dieu, ce nom que Dieu lui-même  enseignait à Moïse sur le Sinaï : «  Moïse, c’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël : celui qui s’appelle « je suis »   m’a envoyé vers vous… »      

   D’ores et déjà, comprenez-vous, chers frères et sœurs, que peu de temps avant sa mise à mort sur la croix, au moment-même de son arrestation,  les choses sont dites et révélées. Cet homme de Nazareth est Dieu fait homme !   Oui, Jésus revendique  ainsi sa nature divine et ce n’est pas un homme que les gardes viennent arrêter, c’est…le fils de Dieu, c’est… la Parole faite chair. Et ce que j’ai constaté, à l’étude de ce récit,  comme jamais auparavant, je vous le confesse, est que la conséquence  incroyable  de cette déclaration, de cette affirmation de son identité  ne se fait pas attendre, je cite : «  dès que Jésus leur eut dit : « c’est moi, je suis… », ils eurent un mouvement de recul et tombèrent ! » Oui, vous avez bien entendu, l’Evangile relate  que la foule des gardes et des soldats, une véritable cohorte, eut un mouvement général de retrait et que tous  en tombent à terre ! Une troupe frappée d’interdit comme par l’interdiction divine de  mettre la  main sur Jésus.

  Alors, Jésus, face à cette scène irréelle, leur demande à nouveau, de suite, l’objet de leur recherche : «  qui cherchez-vous ? » En cet instant, on les voit plus fébriles dans leur réponse : «  nous cherchons Jésus de Nazareth. »  Et là, à cette seconde réponse, chose déjà aussi annoncée par Jésus, il se livre lui-même car la troupe ne pouvait lui imposer son arrestation sans son autorisation.  Jésus, qui, quelque temps auparavant disait : «  Je donne ma vie et personne ne me l’ôte. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre… »  

  


    Cet épisode  éclaire, plus que jamais,  le sens, le message, la portée  du Vendredi-Saint et comme d’habitude avec Dieu, avec sa Parole, en sa présence, nous nous trouvons à terre, en prosternation comme nous ce matin ou alors en sidération comme cette troupe déconcertée, effrayée, perdue par la puissance divine.

       Maintenant, souvenons-nous de cette autre parole entendue hier soir lors de notre veillée, parole  de Jésus adressée à ses disciples la veille de son arrestation, le soir du dernier repas : «  Prenez courage, j’ai vaincu le Monde non pas en apportant la paix sur terre mais le glaive… » Seulement voilà, Jésus ne parle pas du glaive qui tue et anéantie, il parle du glaive de sa Parole, d’un glaive spirituel bien plus puissant que le glaive, arme de guerre. Oui, l’humilité et l’amour du Christ vivant, celle de Gethsémani,  oui, cette humilité et cet amour ne constituent pas un renoncement à la lutte pour la vie nouvelle, au combat pour l’amour mais au refus catégorique d’utiliser les armes violentes, destructrices de ce Monde. Sa puissance est bien plus puissante que toute puissance humaine, militaire notamment… Et justement, lorsque  Pierre, toujours vaillant mais ne comprenant toujours pas le message du Maître, coupe l’oreille de Malchus, Jésus lui ordonne de rentrer son glaive dans son fourreau.

   Le message du Vendredi-Saint et de Pâques est de renoncer aux armes du Monde, au sens large du terme « armes », à savoir : l’agressivité,  la médisance, la méfiance, le pouvoir de nuisance, l’avarice,  l’égoïsme, le manque d’amour, la jalousie, la haine, le racisme, l’antisémitisme… Oui, Jésus indique la voie qui est de renoncer, frères et sœurs, aux armes de ce Monde afin de se saisir de l’épée de l’Esprit qui est Parole de Dieu, Parole de Vie, Lumière du


monde. Ne pas se saisir de  ce renoncement est se condamner soi-même. Je pense à ce geste fort, celui d’un chrétien convaincu, le Colonel Arnaud Beltrame qui a donné sa vie pour sauver une autre vie.   J’aime à penser, et c’est aussi pour cela que je reste croyant et pasteur,  que notre église est porteuse, messagère d’une  mission comme d’un message vraiment unique  en ce Monde turbulent, cruel et violent. Vendredi-Saint nous invite à prendre très  au sérieux ce que Jésus attend de nous car il attend beaucoup de nous en ce Monde. Cela s’appelle combattre, résister et comme le dit l’épitre aux Ephésiens : « lutter contre le mal, afin de revêtir la cuirasse de la justice, le bouclier de la Foi, le casque du salut, l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu… »

   Ainsi, volontairement, Jésus s’est laissé arrêté et crucifié pour dire que ces forces de la mort ne sont rien face à la puissance, à la présence de Dieu qui ne peut se manifester qu’à travers notre témoignage et notre action inspirés seulement et seulement de son immense Souffle de vie qu’est l’Esprit Saint. Ceci, avec respect et amour dans un Monde  nouveau à construite ensemble et promis par le matin de Pâques : Jésus a vaincu la mort, à nous de le relayer. Je suis heureux de dire, fier de savoir  que nous sommes la troupe du Seigneur, prosternés et non sidérés, non effrayés  ou tétanisés  mais aimant et non haineux, généreux et non égoïstes, enfin enthousiastes  et reconnaissants d’être membres  du peuple des enfants de Dieu !

L’Eternel est notre Berger, nous ne manquons absolument de rien, prosternons-nous et allons dire à haute voix que l’amour est vainqueur sur toute chose en Jésus-Christ. AMEN

+  Je vous invite à le proclamer à travers la Confession de Foi qui vous a été donnée.       



L’actualité de Luther

(Neuf-Brisach 19.11.17)

I. Luther, le croyant

1.

Un jour, au 16e siècle, un petit moine inconnu du grand public s’est dressé pour protester contre la pratique des indulgences. Il a parlé et il a écrit, et, en quelques années, une grande partie de l’Europe en a été bouleversée. Il n’était ni un roi ni un chef militaire, mais un homme sans armes et sans pouvoir, il a agi par sa seule parole, écrite et orale, et par le témoignage qu’il a rendu à Jésus Christ, le seul Sauveur.

Rappel oh ! combien salutaire pour nous qui rêvons d’une Église puissante et glorieuse ou qui souffrons de la faiblesse de son témoignage ! La seule force des chrétiens et de l’Église, c’est la parole, c’est l’annonce fidèle de l’Évangile.

2.

Tout théologien qu’il était, appelé à enseigner et à expliquer la Bible à ses étudiants, Luther n’a pas transmis simplement une doctrine. Il fait partie de ces témoins de l’Évangile qui ont été saisis personnellement par ce dont ils parlent, et c’est cela aussi qui explique le rayonnement qu’il a exercé et qu’il exerce jusqu’à nos jours. Cela nous rappelle que la foi n’est pas simplement une opinion ou une adhésion à une doctrine, mais un vécu personnel avec Dieu ; la foi, c’est se sentir vraiment concerné par le message biblique ; la foi, c’est traverser avec Dieu et sa Parole la nuit du doute qui peut surgir dans la vie chrétienne, confrontée au mal et à la souffrance.

Luther disait qu’il fallait « gifler Dieu avec ses promesses », c’est-à-dire lui rappeler avec insistance qu’il a promis d’être là, avec nous, tous les jours.

3.

Porté par la foi, enraciné dans la Bible, Luther a eu la force de résister aux autorités, aussi bien celles de l’Église établie – l’Église romaine – qu’aux autorités politiques de l’Empire. « Ma conscience est captive de la Parole de Dieu », a-t-il proclamé quand on lui a demandé à Worms en 1521 de se rétracter. Pour lui, l’Évangile est au-dessus de tous les pouvoirs terrestres. Il ne peut renoncer à la vérité qu’il a trouvée dans la Bible.

Certes, nous ne connaîtrons sans doute jamais la situation dramatique de Luther à Worms face au puissant empereur Charles Quint. Mais son refus de se rétracter nous incite à ne pas sacraliser les autorités, ni celles de l’Église, ni les autorités civiles. Dieu, sa vérité, ses exigences sont au-dessus des autorités terrestres. Il peut y avoir des situations où il faut refuser d’obéir quand ce qu’on nous demande est en contradiction avec les commandements de Dieu ou la vérité de ce qui nous est révélé dans l’Évangile.

II. Le message de Luther

Luther ne nous apporte pas seulement son exemple, son engagement et son action, mais aussi son message, tout ce qu’il a dit à ses contemporains en interprétant la Bible et en prenant position sur les questions les plus diverses de la vie humaine, de l’Église et de la société. Dans ses 600 écrits, il est question non seulement de Dieu et de vérités théologiques, mais aussi de la vie et de la mort, de l’engagement du chrétien, de la guerre et de la paix, du commerce, du mariage, de l’Église et des sacrements, des juifs et des Turcs.

1. Dieu


Nous entendons d’abord ce qu’il nous dit de Dieu. Il a insisté sur le mystère de Dieu. Il y a bien des choses que Dieu ne nous a pas révélées, comme la date du dernier jour, ou la manière dont Jésus Christ est lié aux éléments de la cène. Il nous faut éviter la spéculation ou le doute, quand bien même des questions surgissent : pourquoi Dieu m’inflige-t-il telle ou telle souffrance ? Pourquoi le mal dans ma vie ou dans la société ? Il nous suffit de savoir, dit Luther, que Dieu n’est pas resté en-dehors de tout cela, il nous a révélé son coeur, il nous a fait savoir par Jésus Christ qu’il est celui qui nous aime, « un four brûlant d’amour », selon l’expression de Luther.

Luther souligne aussi que Dieu s’approche de nous dans la faiblesse, dans la faiblesse de Jésus Christ crucifié. Nous sommes enclins à privilégier la gloire de Dieu, sa toute-puissance éclatante. Mais Luther se réfère à 1 Co 1,23 : « nous prêchons Christ crucifié ». C’est sur la croix, mais aussi dans la faiblesse de la Parole et dans les souffrances des croyants que se manifeste la puissance de Dieu.

2. L’homme


Luther avait une certaine vision de l’homme, pécheur, certes, jusque dans ses actes les meilleurs, voire dans ses actes religieux, mais qui a besoin d’être tiré hors du péché par une puissance extérieure à lui pour devenir libre, libre à

l’égard de lui-même, et aussi à l’égard des autres ou des aléas de la vie. Luther exprimait cette libération par la doctrine de la justification par la foi, une expression qui est devenue largement incompréhensible pour nous. En fait, ce n’est rien d’autre que ce qui nous est raconté par Jésus dans la parabole du fils prodigue : l’histoire d’un père qui fait grâce au fils qui a dilapidé son héritage, mais qui revient à la maison. C’est la miséricorde du père qui permet au fils prodigue de revivre. Illustration de la grâce de Dieu qui nous est annoncée par l’Évangile, et qui met l’homme debout, lui redonne « courage de vivre » (Paul Tillich).

Ce message s’inscrit en faux contre la tendance de nos sociétés à définir l’homme uniquement par ses actes, à valoriser le succès et à rejeter l’échec et celui qui échoue. Dans la perspective de la justification par la foi, l’humanité de l’homme ne se réduit pas à ses actes. Il reste humain dans ses échecs ou dans ses fautes, et le reste aussi quand il ne peut plus travailler. Parce qu’il a encore un autre vis-à-vis que la société, à savoir Dieu et sa grâce. C’est en s’abandonnant à lui dans la confiance qu’il est libre.

3. La foi


Luther n’a cessé de parler de la foi, « confiance vivante et hardie en la grâce de Dieu, pleine d’assurance au point qu’elle souffrirait mille morts pour cela ».

Si le croyant peut renoncer aux sécurités humaines, c’est parce qu’il trouve un appui en Dieu lui-même et en sa Parole. Cette Parole faite chair en Jésus Christ est présente dans l’Écriture sainte annoncée par les témoins et les pasteurs. Le croyant la reçoit pour lui-même comme une parole personnelle que Dieu lui adresse et c’est sur cette Parole qu’il se fonde pour prier.

Pour Luther, la foi est une démarche individuelle. Il écrit ainsi : « Personne ne peut croire à ma place comme personne ne peut mourir à ma place ! ». Il valorise la conscience, apte à percevoir la vérité de l’Évangile, en s’élevant contre une emprise illégitime des autorités ecclésiales et civiles sur les individus.

En son temps, Luther avait affaire à une Église omniprésente et toute-puissante dont il contestait l’emprise sur les consciences, en appelant les croyants à juger eux-mêmes, éclairés par l’Écriture sainte. Non en s’opposant systématiquement à l’Église enseignante, mais en jugeant son enseignement à l’aune de l’Écriture.

Aujourd’hui, l’oppression des consciences concerne moins la relation à l’Église que la relation à d’autres pouvoirs, encore que nous connaissions aussi, aujourd’hui, des communautés religieuses oppressant leurs membres. Mais l’emprise souvent néfaste sur les individus s’exerce dans nos sociétés à travers les médias, les réseaux sociaux, une uniformisation de mauvais aloi, ou encore, dans certains pays, par des régimes totalitaires.

L’attention portée à l’individu s’exprime également chez Luther par le thème du sacerdoce universel des croyants. Nous y sommes sensibles aujourd’hui. C’est une manière de valoriser l’individu, en affirmant que, sur la base de la foi et du baptême, les croyants ont tous une égale dignité devant Dieu ; l’inévitable service des ministères particuliers ne doit pas y porter atteinte.

4. La foi et l’amour


À force d’insister sur la foi, Luther aurait-il négligé l’amour ? Catherine Zell le lui a reproché en stigmatisant ses conflits avec Zwingli et d’autres adversaires. Il est vrai qu’il a mis Dieu au-dessus de l’amour. Mais il ne conçoit pas de foi sans amour. Le chrétien n’est pas seulement, par la foi, libre de toutes les contraintes, il devient aussi capable de servir son prochain et de respecter les droits de celui-ci. Luther affirme avec force que Dieu a donné à tout être humain des droits qui lui permettent de vivre. Ce sont les droits inaliénables de la foi et de la liberté de conscience, mais aussi l’usage de la raison et de la sagesse, ainsi que le droit de propriété et le droit de se marier. Dieu donne à chaque être humain un cadre de vie, des biens spirituels et matériels qui doivent être respectés. Luther ne cesse d’appeler les chrétiens, et pas seulement les autorités, à promouvoir les droits individuels. En ce qui concerne le croyant, il ne revendiquera pas seulement pour lui-même ces droits, il sera prêt, le cas échéant, à y renoncer, sauf à la foi. Il est attentif aux besoins et aux droits du prochain plus qu’à ses propres intérêts.

5. L’Église


On a affirmé quelquefois que Luther combattait ou relativisait l’Église au profit de l’individu et de sa conscience, ou encore que l’Église était pour lui avant tout une réalité invisible. En fait, les choses sont plus complexes. « Qui veut trouver le Christ doit d’abord trouver l’Église », peut-il dire en 1522. Pourquoi ? C’est parce qu’en elle retentit, plus ou moins bien, mais quand même réellement, la Parole de Dieu, et que la foi s’exprime aussi dans la communion, dans la célébration commune, en particulier dans le chant : « la musique chasse le diable », et dans le service commun.

Ce qui est aussi toujours d’actualité pour nous, c’est que Luther nous rappelle la raison d’être de l’Église et de ses ministères, à savoir faire entendre, faire percevoir et transmettre l’Évangile sous ses diverses formes : homilétique, hymnologique (le chant), catéchétique, sacramentelle et autres. C’est à cela que Luther voulait ramener l’Église de son temps, et qu’à toutes les époques on est tenté d’occulter ou de relativiser. Il nous rappelle aussi que l’Église est communion de foi, de prière, d’amour et de service. Tout le reste, dirait Luther, est second, voire secondaire. Il sait combien l’Église a été marquée par les aléas de l’histoire. Pour lui et pour nous, c’est l’histoire qui a déterminé par exemple la distinction entre les ministères comme ceux du pape, de l’évêque et du prêtre. Bien des choses et des habitudes dans la vie de nos communautés que nous croyons anciennes le sont beaucoup moins, et ne sont pas fondamentales !

Luther souligne également que l’Église comme telle n’est pas le royaume de Dieu, elle est en marche vers le royaume, elle l’annonce et elle l’attend. Elle ne s’identifie pas à lui. Luther a repris aussi à son compte la conviction d’Augustin selon laquelle l’Église chrétienne est, jusqu’à la fin des temps, un « corps mixte », c’est-à-dire un mélange de vrais et de faux croyants, mélange qu’il nous est interdit de dissocier prématurément. Dieu seul sait qui est vraiment croyant.

6. L’Église sous la croix


Par ailleurs, pour Luther, l’Église chrétienne vit toujours sous la croix. Jusqu’à la fin des temps, elle demeure Église sous la croix, persécutée, divisée, tentée de bien des manières dans sa vie et affaiblie par les défaillances de ses membres et par les erreurs de ceux qui ont pour mission d’annoncer l’Évangile.

7. La distinction entre les deux règnes


À la suite de Luther, nous serons attentifs à la distinction entre les deux règnes, c’est-à-dire entre l’espace des réalités humaines, du corps, du droit et des autorités civiles, et d’autre part celui, spirituel, de l’Évangile et de l’Église. Le seul pouvoir de l’Église est celui de la Parole, mais elle a aussi le droit et le devoir de la dire dans l’espace public. Quant à l’État et aux autorités civiles, leur pouvoir ne s’étend pas sur les consciences, mais sur le vivre ensemble. Ainsi comprise, cette distinction préfigure la laïcité.

8. La vocation chrétienne


Luther nous rappelle que la vocation chrétienne ne se vit pas seulement au couvent ou dans l’Église, mais aussi dans la famille et dans la société. On a pu parler à ce propos d’ « ascétisme intramondain ». En allemand, « Beruf (métier) et « Berufung » (vocation) ont la même racine. Luther pouvait dire : « L’homme est fait pour travailler comme l’oiseau pour voler ». Ou encore : « Il n’y a jamais eu de saint qui ne se soit pas occupé d’économie et de politique ». Il a souligné aussi que la politique est affaire de raison. On ne peut pas tirer une politique de la Bible. Mais il est vrai que les chrétiens s’efforcent, selon Luther, d’insuffler dans la vie sociale, dans les institutions et dans les comportements, l’amour, fruit de la foi, et la solidarité avec les plus faibles.

9. Ce qui fait la qualité d’un acte


Ce n’est pas le caractère reluisant d’un acte qui détermine sa valeur, mais son utilité au service des autres. Et même le plus modeste de nos actes peut rendre la terre plus vivable et améliorer le vivre ensemble. « Même si tu ramasses seulement un fétu de paille ou si tu conduis l’âne au pâturage, ce sont des actes bons parce qu’ils rendent service au prochain ». Dans un autre passage il a pu dire que « les anges se réjouissent quand ils voient un homme laver les couches d’un petit enfant et qu’il le fait dans la foi. »

10. La croix dans la vie quotidienne


Dans son engagement quotidien, le chrétien sera confronté aussi à la croix, sous la forme de l’opposition ou de l’échec. Il n’a pas à rechercher la souffrance à la manière du dolorisme médiéval ou d’une mystique ascétique qui était celle d’un Thomas Müntzer. Il s’agit pour le croyant d’accepter la croix dans sa vie quotidienne. En soulignant cela, Luther ne prône certes pas la passivité, tant il insiste sur l’activité nécessaire de l’être humain dans la famille et dans la société. Encore moins faut-il fermer les yeux sur la souffrance des autres. En développant une spiritualité de la croix, il veut souligner qu’il y a des temps où l’être humain, confronté à l’épreuve, doit abandonner ses sécurités, ses projets et ses certitudes, et s’en remettre à Dieu seul. Au regard de la croix du Christ, le croyant sait que Dieu est présent aussi dans la souffrance.

11. En chemin


Luther a souligné que, durant toute sa vie, le chrétien n’atteint jamais la perfection. Il est toujours en route : « Notre vie terrestre n’est pas juste, mais devient juste, elle n’est pas en bonne santé mais en voie de guérison, non un être mais un devenir, non un repos mais un exercice ; nous ne sommes pas

encore, nous sommes en devenir. Ce n’est pas encore fait ni arrivé, mais c’est en cours. Ce n’est pas le but, mais le chemin ; tout ne brille et n’étincelle pas encore, mais le grand nettoyage a commencé ».

12. L’attente du dernier jour


L’être humain ne doit pas, selon Luther, s’installer dans la vie et croire qu’il vivra éternellement. Il est conscient du caractère provisoire de cette vie. Luther attendait la fin du monde comme un temps de délivrance et pas seulement comme un temps de jugement. Mais il aurait dit : « même si le dernier jour vient demain, je planterai aujourd’hui un pommier ».


L’investiture ou le culte ?

Dimanche matin,  10h, Emmanuel Macron, nouveau président de la République française,   posera ses valises à l’Elysée.

Dimanche matin, des millions de chrétiens, protestants, catholiques, orthodoxes, en France comme dans le Monde entier,  se rassembleront dans leurs lieux de culte pour prier, chanter, méditer, se recueillir…

   Je dois être un pasteur ringard mais faire le choix d’une installation à la Présidence à un tel moment me dérange Oh, ne vous trompez pas, je n’ai pas peur que nous perdions nos fidèles qui se précipiteraient devant leur écran ! Non, Emmanuel Macron a le sens du symbole : son entrée vers la pyramide du Louvre, seul,  sur l’hymne à la joie, la  tête postée devant le fait triangulaire de la pyramide…Entre l’hymne à la joie et la marseillaise, rien n’est fait au  hasard.

Mais voilà, le dimanche matin  est un temps que se donne un nombre considérable  de chrétiens qui aiment à  rejoindre leur communauté cultuelle.

« Emmanuel »  de l’hébreu : «  Dieu est avec nous ». Emmanuel, je te souhaite que Dimanche matin Dieu  soit avec   toi   mais sache que Dimanche matin nous serons plus avec notre Dieu qu’avec toi te souhaitant sagesse, discernement  et courage.

 Oui, tu as fait une erreur sur le temps choisi et sa  symbolique. Imagine, dimanche après-midi, nous te regardions volontiers…

Olivier Richard-Molard

Pasteur

Le 11/05/2017


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Pauvre Laïcité !

Si  l’affaire du Burkini vient de déclencher une véritable hystérie en notre République laïque, c’est  qu’elle révèle un malaise  sociétal profond  qui puise ses racines et dans l’histoire de France avec le douloureux épisode des guerres des religions mais aussi dans  période coloniale et postcoloniale.

Fut une époque, celle notamment de la révocation de l’Edit de Nantes, 1685, où il était impossible de pratiquer son protestantisme au risque d’en mourir. En témoignent les cris des milliers de galériens protestants et de protestantes emprisonnées, emmurées. De cette longue lutte est advenue à la fois la révolution française de 1789  contre un monarchisme absolu et autoritaire mais aussi et dans la foulée l’avènement de la laïcité pensée, avec d’autres, par le prix Nobel de la Paix, Ferdinand Buisson, inconnu de nos jours par le grand public. Buisson qui fut le rédacteur des lois de séparation de cultes et de l’Etat. Dans quel but, lui dont l’épouse était professeur d’Histoire des religions à la Sorbonne ?

Dans l’idée, l’objectif,  de permettre à toutes les confessions religieuses de France d’évoluer enfin librement dans la République sans aucune domination de l’une d’entre elle sur les autres et dans le respect réciproque. Ce fut un  long apprentissage.

Depuis plusieurs décennies, ce sont des hommes, des femmes, des jeunes vivant sur notre territoire de France qui sont d’appartenance musulmane et dont la majorité sont citoyens français.

Oui, l’Islam a du mal, en France, à trouver ses marques, c’est un vrai débat, une question essentielle à travailler sur un long cours, travail dont  Pierre Joxe est à l’origine. Souvenons-nous,  il a fallu plusieurs siècles pour que le judaïsme et le protestantisme, en France, soient structurés et intégrés comme cultes reconnus, respectés. Alors, patience, confiance  et labeur. Tous les «  pratiquants »  de l’interreligieux savent que l’Islam évolue, lentement oui, mai savent qu’il avance en ayant conscience qu’un Islam dans la République est à créer, à imaginer, à oser. Ils Ssavent qu’un jour adviendra où les Imams auront, eux-aussi,  un diplôme universitaire reconnaissant leur compétence comme cela est le cas pour les prêtres,  pasteurs et rabbins. Nous attendons aussi, et devons soutenir ce travail,  qu’une Fédération des communautés musulmanes soit vraiment crédible, reconnue, au-delà de la différente sensibilité de cet Islam aussi diversifié que le sont les catholiques et les protestants.

Oui, actuellement l’Islam fait peur mais nos concitoyens de religion musulmane ne sont pas des terroristes de même que les juifs des périodes tristement antisémites n’étaient pas non plus  des dangers pour la République ou les protestants pour la Monarchie.

Nous terminons en invitant les lecteurs, les citoyens de notre pays à ne pas jouer le jeu de candidats à la présidence de la République ou de l’extrême droite qui nous racontent que bientôt notre pays  sera sous domination musulmane  ou qu’il sera nécessaire, par la Loi,  de supprimer toute visibilité religieuse. Ainsi j’en appelle  à la vigilance et à l’exigence de tous les citoyens démocrates,  de tous les responsables des cultes qui ne peuvent accepter ces discours démagogiques et mortifères  pour la paix sociale et  la concorde civile. Que deviendrons-nous  quand les kippas, les robes de prêtres, les voiles  des religieuses, les apparats bouddhistes  seront proscrits dans notre pays ? Nous  dirons « pauvre laïcité » ! Alors que la laïcité est justement cette merveilleuse possibilité, compossibilité de vie des différences religieuses  et philosophiques, sources  d’enrichissement  et d ‘humanité profonde. Un beau combat est à mener  combat d’égalité, de fraternité, de liberté.

Olivier Richard-Molard. Pasteur, ancien membre du Cabinet de la Région Alsace, chargé des cultes, ancien professeur de religion des IUFM d’Alsace.

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A partir de  1 Jean 1, 5 et du psaume 95,2.


" Pour tout ce dont tu as besoin, viens à moi.

 Mais viens, toi, avec reconnaissance, ta reconnaissance.Tu sais,  avec l'envie de naître toujours un peu plus  en moi, pour moi, près de moi...re-connaissance.

sache aussi que seule ta reconnaissance te donnera accès à ma salle aux trésors.

Lorsque tu te montre à moi avec reconnaissance , tu dis , tu annonces cet essentiel  que je suis bon, que je suis la lumière et que , jamais, tu verras ou subiras  ténèbres ou ombres

    En ce temps parenthèse  "d’État d'urgence", entends que ma bonté est ta seule sécurité.

Ainsi, détends-toi car je contrôle ta vie et je suis entièrement digne de confiance.

Viens  à moi, reconnaissant, c'est à dire dans une attente pleine d'espérance.

Il n'y a rien dont tu aies besoin qui dépasse mes ressources. Je peux pourvoir à tout ce qu'il te faut.

Chante un chant nouveau , chante-le moi et réjouis-toi. Ainsi, tu m'auras vraiment reconnu".


ORM


" À force de tout voir, on en vient à tout supporter,  à force de tout supporter, on en  vient à tout approuver "   St. Augustin.


       Dimanche dernier, j’entendais le Cardinal de Paris dire ceci : « nous sommes le corps ressuscité du Dieu vivant ! » J’avoue avoir beaucoup aimé cette formule car elle va bien au-delà des conjectures lassantes ou abstraites  sur la réalité ou non de la « résurrection », celle de Jésus de Nazareth, la nôtre possible…Et ce  mot du cardinal m’a remémoré un  autre mot, celui  de St. Augustin, cité ci-dessus.  Pourquoi ?


    Parce que tous les jours, je me demande à quoi puis-je servir, en fait, pour qui, pourquoi  serai-je  utile,  me posant le sens de mon inaction, de mon impuissance face à ce qui abime profondément notre Monde, ici et là, au près et au loin. Vous allez me dire : « cesse de te culpabiliser, Olivier, fais selon ta conscience, ta force, tes dons et tes failles… » Certes et vous  auriez raison de me renvoyer cela mais…je pense que le mot « résister » dont je parlais il y a quelques semaines, le mot gravé par Marie Durand, ce mot devrait rester inscrit sur nos fronts, nos cœurs, notre conscience. Oh, certes, je ne donnerai jamais de leçons, loin s’en faut, mais voilà, le philosophe et théologien, St. Augustin, dit tellement vrai. Beaucoup d’entre nous se trouvent, tous les jours submergés par ce qui fait mal à l’humanité, les radios, les télévisions, les journaux faisant, bien-sur, leur travail en nous disant, en nous relatant, en nous décortiquant  l’évènementiel.


    Mais sommes-nous des passoires, des éponges pour supporter cette avalanche de faits difficiles et  réels, touchant, concernant la vie  de vraies personnes en leurs corps, en leur intégrité ? Jusqu’à quelle limite avons-nous la capacité de digérer cette accumulation de tristesses, de malheurs, de négations de la vie ?


Alors, de ma petite place, je me dis qu’il faut oser dire « non »  et  résister à l’approbation de cette récurrence du mal en nous et parmi nous parce que « oui » nous sommes le « corps ressuscité »   de Celui qui annonce, donne, promet et promeut la vie ! Alors de mon humble position  d’humain parmi les humains, j’entends une voix qui me dit : « parle, conteste, critique et propose…  c’est cela résister. »


Au nom de quoi ?  De ce qui est le plus bafoué au Monde, le respect de mon autre semblable, au nom  du souci de celui que je croise tous les jours contemplant son visage, écoutant  sa parole, recevant sa poignée de main. L’autre en lequel Dieu s’inscrit. Et pourquoi le ferai-je ?  Parce que je ne suis jamais seul, parce que je suis fort en et par Celui qui me mène, m’oriente ou me désoriente parfois, parce que je sens que son Souffle me propulse, accompagné de tous les ressuscités de ce monde, à promouvoir la vie sur les forces de mort. Oui, au-delà et malgré tout, Il est promesse de vie bonne et de paix.


Oui, désapprouvons et résistons, ne supportons pas l’inacceptable. Faisons-le avec ce que nous sommes, toi, moi,  ensemble, corps ressuscités du Dieu Vivant,  sous le regard du Très Haut : « tu as relevé mon front comme la corne du buffle, Toi mon rocher ! » Psaume 92   

Ces temps-ci, est-ce aussi parce que l'hiver se fait ressentir, beaucoup de personnes et d'amis croisés, rencontrés, se montrent souvent anxieux, tristes et plus parfois.

C'est vrai que notre Monde a de quoi inquiéter.

   J'aime alors, sûrement par esprit de contradiction mais, plus sérieusement, au nom l'espérance que nous donne la présence indicible  de Dieu, j'aime me remémorer ce mot d'Eric-Emmanuel Schmitt ( dans "La nuit de feu") : "Sur terre, ce ne sont pas les occasions de s'émerveiller qui manquent, mais les émerveillés" .

     S’apitoyer sur soi-même, se confiner à la morosité ambiante, n'est-ce pas risquer de prendre un chemin d'obscurité qui mène dans des (bas-) fonds peu fréquentables, invivables ?

    Alors essayons de travailler  à laisser  les faisceaux de lumière venant de Dieu, ses rayons d'espoir et de courage nous nourrir, nous relever, nous habiter. Cela est possible.

   Un peu comme cette œuvre connue où la main de l'homme rejoint le doigt, la force de Dieu, force  qui t'attire et t'entraine sur les chemins de l’émerveillement qui sont ceux de la résistance aux ombres de ce monde, ceux du partage et de l'agapè.

Émerveillons-nous, non pas béatement, mais passionnément, reconnaissants,  avec l'assurance que le Monde nouveau est toujours et encore  à construire.

Nous sommes des bâtisseurs  émerveillés de pouvoir bâtir avec Celui qui est la lumière et la Vie nouvelle, Jésus-Christ!

Bonne fin de semaine à vous toutes et tous,

Fraternellement,

Olivier Richard-Molard.


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A partir des Psaumes 55,18/ 32,6/ 62,9.

          " Une nouvelle année, une nouvelle étape.

 Souviens-toi:  je suis le Dieu de tous les instants et de tout ce qu'ils renferment. Prends des temps de méditation et de silence, pour me chercher, tous les jours.Tu verras, tu me trouveras.

     Parle-moi de tout, guette-moi, tu discerneras la moindre intervention de ma part.

L'adversité, la petitesse, la méchanceté, la maladie ne doivent pas interrompre ta communion avec moi. Quant tu te sens mal ou que rien ne va, ne te sens pas puni mais reste debout et positif.

Tu vas apprendre, avec moi, à voir les difficultés comme des bénédictions masquées. En cette nouvelle année "fais de moi ton refuge en te confiant en moi en tout temps et en épanchant ton cœur devant moi."

 Ma merveilleuse compagnie peut arroser de joie tes journées, tes instants, tes jours et tes nuits les plus moroses. Que cette année te soit belle et bénie. Tu sais que je t'aime ! "

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 " Viens à moi et repose-toi dans ma présence . Tout en t'émerveillant du majestueux mystère de l'incarnation, détends-toi dans mes bras éternels.

   Je suis la seule personne qui ait été engendrée par le Saint-Esprit et cela dépasse tes capacités de compréhension.    Au lieu d'essayer de saisir intellectuellement ce que cela implique, inspire-toi de l'exemple des mages. Ils ont suivi la direction indiquée par une étoile particulière, puis se sont inclinés humblement pour m'adorer lorsqu'ils m'ont trouvé.

     La louange et l'adoration sont les réactions les plus appropriées face aux merveilles de ma personne.

Chante des louanges en mon honneur.

Garde le regard sur moi dans une silencieuse adoration.

Cherche quelle est l'étoile à suivre dans ta propre vie et sois prêt(e) à te laisser mener  par elle partout où elle te guidera.

Tu sais, "je suis la lumière d'en haut qui t'éclaire et dirige tes pas sur le chemin de la paix."

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Une voix me crie de Séir : « Veilleur, que  dis-tu  de la nuit ? Veilleur, que dis-tu  de la nuit ? »

       Le veilleur répond : « le matin vient, puis la nuit revient, le matin vient … »  

      Quelle question, frères et sœurs, que celle-ci : «  Veilleur, que dis-tu de la nuit ? » Une question mais aussi une réponse : « le matin vient…puis la nuit revient  »

    Voici exprimé, ici et en vérité, le principe de réalité, tout simplement, de nos vies, n’est-ce pas ? A savoir,  ce  contraste permanent, récurrent de notre existence, de notre histoire personnelle, de l’Histoire avec un grand « H », bien-sûr, ce  contraste palpable de la nuit et du jour. Contraste là où il y a les beaux comme  les mauvais moments, des bonheurs et des malheurs, la santé et la maladie, la vie et le deuil, le doute et la conviction. Alors, oui, voici poindre  la question, question qui  nous vient du profond de notre conscience, ici, transmise par l’écriture d’un juif, sa pensée, sa foi, celle d’un prophète de Dieu, Esaïe : «  veilleur, que dis –tu  de la nuit ? »

   Cette question nous est directement posée, ce matin, elle le restera demain, en ce temps particulier de l’Avent où nous nous remémorons la venue, si curieuse dans le domaine de l’histoire des religions, d’un humain , Jésus de Nazareth, dont il est dit, dans la Bible,  qu’il est « Dieu fait homme », en l’occurrence « petit d’homme » et qui vient naitre à la Lumière du jour  dans un endroit de misère, une vulgaire mangeoire, la Crèche.

« Veilleur, que dis-tu de la nuit ? »  Ce matin, je vous invite à décrypter, à entendre  cette question comme  une forte  exhortation, celle d’un prophète, c'est-à-dire d’une personne infiniment proche de Dieu, une personne qui dérange  et  qui pense avant nous, mieux que nous et pour nous,  en effet une exhortation forte  à ne jamais cesser la recherche, la quête de  la lumière. Oui, chercher la lumière au-delà de toutes les obscurités si présentes,  possibles, les chausse-trappes, les pièges dont nous savons les désastres, celles  des  ténèbres  de ce monde, aujourd’hui comme hier.  

Mais « veiller dans la nuit » est aussi veiller sur nous-mêmes, notre comportement, veiller sur notre entourage, sur notre Eglise… en nous appelant, tous,  à se ré-veiller pour devenir «  chercheurs de lumière », sincères, et donc  à bien-veiller ,aussi, de cesser à jamais de toujours chercher l’erreur chez l’autre, au lieu de pointer du doigt vers  l’autre sans voir  ses propres doigts se dresser contre lui.

    Oui, « veilleur, que dis-tu  de la nuit… » ?

Je réponds, avec le prophète,  que « le matin vient » car, nous dit Jean en l’Apocalypse, car : « « Maintenant la maison de Dieu est au milieu des êtres humains. Il  habite  avec eux. ..Il essuiera toutes les larmes de leurs yeux. La mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuils, ni cris, ni souffrance. Oui, le monde ancien a disparu… »

     Oui, « le matin vient », il est advenu, matin-lumière du jour, baigné de la Lumière de Dieu, porté par le Souffle de l’Esprit- Saint, le matin vient… il est dores et déjà présent. Ici est dite toute la folie, signalée par St. Paul, la folie de notre Foi en la résurrection de Jésus, anticipant notre propre résurrection. Mais résurrection qui s’enracine ici et maintenant. Telle est la beauté, la force, l’intensité de la Foi chrétienne.

 Ce temps  de l’Avent nous mène à penser, à réfléchir à notre place dans ce matin advenu, ce matin de lumière. Veilleur, conscient que l’enfant de la Crèche est venu pour promouvoir toutes les formes de vie  bonne et nouvelle, lumineuse contre  toutes les formes de mort. Cela commence par notre propre comportement, nos mots et paroles nocives qui peuvent promouvoir le poison et le mal-être, d’abord chez soi-même puis aussi chez le prochain visé, concerné. Et  puis ce mal, ces nuits infernales que sont les actes mortifères, les massacres, les violations continues des droits humains, les racismes et antisémitismes toujours si puissants chez nous et dans le monde contraires à tout amour et à toute fidélité à Dieu.

Ce que nous dit l’enfant de la Crèche, devenu pour nous  le sens, l’Orient, l’orientation de nos vies, c’est que sa venue et sa présence  dépendent  aussi de  notre capacité à bien veiller : veiller pour le bien de l’autre, pour l’avènement d’une lumière aussi modeste soit-elle là où les ombres ternissent, annihilent la vie. Mais oui, nous sommes le peuple et le  corps   du Dieu Vivant, alors bâtissons, construisons, participons à ce Monde implanté et promis par Jésus-Christ, celui que Jean décrit si bien, écoutons-le encore une fois : « Dieu habite  avec nous...Il essuiera toutes les larmes des yeux. La mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuils, ni cris, ni souffrance. Oui, le monde ancien a disparu… »

Mais, conclue Jacques :

 «  Frères et sœurs chrétiens, soyez patients, le Seigneur vient ! Regardez le cultivateur. Il attend avec patience les belles récoltes de la terre, depuis les premières jusqu’aux dernières. Vous aussi soyez patients ! Courage, le Seigneur vient bientôt ! »

    Ce qui me touche,  dans ces paroles encourageantes, est qu’elles sont écrites par un disciple, peut-être même un frère de Jésus de Nazareth, Jacques. Mais ce qui me touche le plus est que ces paroles sont des paroles de résistance. En effet, Jacques et les premiers chrétiens  furent passablement persécutés, nous le savons. D’où le livre premier de la résistance, celui de l’Apocalypse au langage codé ou comme le sont ces lettres de St. Jacques ou de St. Paul, aussi.

Que dit Jacques ?

Il dit la même chose que Marie Durand, huguenote et prisonnière pour sa foi protestante  dans la Tour de Constance, d’Aigues Mortes, qui gravait sur la margelle du puits de sa geôle   : « résistez… »

 Mais, résistez à quoi, contre qui ou pourquoi, me direz-vous ?

      Tout d’abord résistez à l’envie de tout renier, de tout laisser tomber face à une actualité morbide, mortifère, face à tant de personnes nocives, hostiles à nos propres existences. C’est vrai, finalement, pouvaient se dire les premiers chrétiens, à quoi bon confesser que Jésus est Dieu fait homme, qu’il est le Messie,  sachant que cela énervait tant  le monde des religieux juifs, déstabilisait la politique romaine de déification de l’Empereur ? Pourquoi se compliquer la vie ?

Et nous, chers frères et sœurs, nous avons le devoir de nous poser, nous aussi et pour aujourd’hui,  la même question ?

    Mais ensuite,  « résistez » comme s’engager à dire, à proclamer  la lumière, la vie, la justice, résister et dire, contester les mensonges de ce monde, les discours fallacieux de programmes politiques suicidaires, l’Allemagne nazie  en a fait les frais pour de longues décennies, rejeter les discours et les actes  de séduction, démagogiques,  des idéologies de mort portées par des partis, des associations, des regroupements divers qui  méprisent à l’évidence  la seule Loi que Jésus, l’enfant de la Crèche, nous ait  transmise : « Aime Dieu et ton prochain comme toi-même… »

Heureux de vous dire, ce matin, que veilleurs nous le sommes, ensemble, joyeux, confiants, dans la paix, persévérants pour que le matin advienne et ne cesse d’advenir au-delà des nuits, des ombrages de notre époque. Oui, réjouissons-nous : « le matin vient ! »

Ce jour-là, des foules entières écoutaient Jésus, le prédicateur de Nazareth, au bord du Lac, il s’exclamait :  

« Heureux ceux qui sont bons pour les autres,

Heureux ceux qui ont le cœur pur,

Heureux ceux qui travaillent à la paix, ils sont les bénis de Dieu, ils le voient ! »

Oui, frères et sœurs en Christ, heureux sommes-nous car baignés de la Lumière  de Jésus, lui qui a planté sa tente en notre existence et dans notre monde ! Soyez dans la joie, soyez heureux parce que Dieu nous offre  un bonheur infini, une récompense indicible.






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(A partir des psaumes 34,5-7 et 105, 4 et 2Cor 1,3-4)


   " En ces temps douloureux, recherche l'aide, le réconfort et ma compagnie. Le plus bref regard peut te connecter à moi.

Tu sais, je suis toujours à tes côtés. Lorsque tu t'adresses à moi pour me demander de l'aide, celle-ci découle librement, de suite, de ma présence. Reconnaitre ton besoin de moi, dans les petites comme dans grandes choses, te maintient en vie, spirituellement.

    Quand tu as besoin de réconfort, comme actuellement toutes et tous en ont besoin,  j'aime t’entourer de mes bras d'amour.

Non seulement je te console,  mais je te permets aussi d'être un canal par lequel je réconforte les autres.

Tu vois, ta bénédiction est ainsi double, puisqu'un canal vivant absorbe tout ce qui coule à travers lui.

Ma fidèle compagnie est le plat de résistance de ta vie, la plus grande des bénédictions découlant du salut.

Quelles que soient les pertes dont ton existence sera porteuse, personne ne peut te retirer ce don glorieux. "


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Psaume 29. Et de Nombres 6,24-26.

"Déposes ta faiblesse près de moi et reçois ma paix en échange.

Accepte- toi comme tu es ainsi que les circonstances qui te touchent en te souvenant que je suis souverain.

Ne t'épuise pas à vouloir tout analyser et planifier, laisse plutôt la reconnaissance et la confiance en moi te guider , toujours: elles te garderont tout près de moi.

Lorsque tu vis dans l'éclat de ma présence , tu sais, ma paix t'illumine.

Tu cesses alors d'analyser tes forces et tes faiblesses parce que ton esprit est orienté vers moi.

Allez, marche auprès de moi, pas à pas.

Continue ce voyage dans mon intimité avec la certitude que ce chemin est celui qui te conduira à moi..."


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A partir des Psaumes 42.2-3/34,6 et Philipiens 2,15


« Recherche ma face et tu trouveras tout ce que tu recherchais jusqu’ici. Les aspirations les plus profondes de ton cœur ont trait à une relation d’intimité avec moi.

Je le sais, parce que je t’ai conçu  pour que tu me désires. Ne te sens pas coupable de prendre du temps pour rester tranquille dans ma présence. En faisant cela, tu réponds simplement à des stimulations divines. Je t’ai créé(e) à mon image et j’ai caché le ciel dans ton cœur. Ton aspiration à être avec moi est une forme de nostalgie : le désir d’être vraiment chez toi, dans le ciel.

N’aie pas peur d’être différent(e) des autres. La route que je t’appelle à suivre est parfaitement adaptée pour toi. Plus tu me suis de près, plus je peux développer tes dons. Pour me suivre sans réserve, renonce à ton désir de plaire aux autres.

Ta proximité avec moi sera aussi une source de bénédiction pour ton entourage : elle te permettra de briller avec force dans ce monde de ténèbres ».


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Psaume 73 et Corinthiens 13,12:


" Lorsque tu imagines la journée qui est devant toi, tu vois un chemin tortueux, complexe, avec de nombreuses intersections.

Tu te demandes comment tu vas pouvoir trouver la bonne route dans ce labyrinthe. En te souvenant que "je suis toujours avec toi, que je t'empoigne par la main droite", tu te rappelles aussi ma promesse de "te conduire par mon conseil", et cela t'apaise.

Tu jettes un nouveau regard sur le chemin et tu remarques la présence d'un voile de brume qui te masque la vue. Tu ne peux voir que quelques mètres devant toi.Tu concentres à nouveau pleinement ton attention sur moi et tu commences à te réjouir de ma présence.

Ce voile fait office de protection pour toi, il te ramène au moment présent. Même si j'habite tout l'espace-temps, tu ne peux communiquer avec moi qu'ici et maintenant.

Un jour le voile de brume ne sera plus nécessaire parce que tu auras appris à te concentrer sur moi et sur la partie du chemin qui est juste devant toi"

 Bonne semaine à toutes et à tous,


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" Apprends à vivre au-dessus de tes circonstances.  Pour cela, tu dois mettre du temps à part pour être avec moi.
C'est moi qui ai vaincu le monde
.
Le trouble et la détresse sont du même tissu que ce monde en perdition. Seule ma vie peut t'équiper pour affronter le flot constant de problèmes dans la joie.

Lorsque tu t'assieds calmement dans ma présence, je fais jaillir ma paix dans ton cœur et ton esprit troublés.
Petit à petit, tu es libéré(e) des chaines de cette terre et élevé(e) au-dessus des circonstances. Tu découvres ma perspectives sur ta vie, et cela te permet de distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas. Repose-toi dans ma présence et fais bon accueil à la joie que personne ne t'enlèvera."

SEMAINE 39

Eph 3,16, Héb 4,14, Jean 8,44, Jacques 4,7:

" Ouvre ton cœur et ton esprit, ton être tout entier à mon amour, afin d'en recevoir une  pleine mesure.

Tant de mes enfants clopinent leur vie durant, assoiffés d'amour, car ils n'ont pas appris l'art de recevoir.

C'est essentiellement un acte de foi: croire que je t'aime d'un amour éternel, sans limite aucune.

L'art de recevoir est aussi une habitude qui s'acquiert: il te faut exercer ton esprit à me faire confiance et à s'approcher de moi avec assurance.

Souviens-toi que le diable est le père du mensonge, des paroles futiles, amères, empoisonnées. Apprends à identifier ses  intrusions trompeuses dans tes pensées. L'une de ses tactiques préférées consiste à diminuer ta confiance en mon amour sans limite. Combats sans répit  ses mensonges.

Résiste au diable en mon nom et tu verras il fuira loin, très loin de toi. Approche-toi de moi et ma présence t'enveloppera de mon amour. Laisse-toi t'envelopper de mon amour..."


SEMAINE 38

Sur psaume 89 et psaume 16. 


" Vis d'abord et avant tout dans ma présence. Petit à petit, tu penseras plus à moi qu'aux personnes et aux circonstances. 

Une telle orientation d'esprit ne mettra pas de la distance dans tes relations avec les autres. Au contraire, elle augmentera ta capacité de leur prodiguer amour et encouragements. 

Ma paix imprègnera tes paroles et tes attitudes. 

Ton activité dans le monde  ne prendra pas fin mais tu auras désormais du recul. Tu ne te laisseras pas facilement ébranler car ma présence amortira la présence de problèmes. 

Tel est le chemin que j'ai prévu pour toi. 

Si tu le suis sans réserve , tu feras l'expérience d'une vie et d'une paix abondante."